Tchad

 

 

réalisation

Dr Francis LOUIS, IMTSSA, Marseille

Dr Issa DONAN-GOUNI, Ministère de la Santé Publique, N'Djaména

 

dernière mise à jour

10 janvier 2001

 

correspondance

Francis Louis


sommaire

données générales

les faciès épidémiologiques

les vecteurs

les chimiorésistances

la lutte contre le paludisme

les recherches

les conseils aux voyageurs

les références bibliographiques

 




 

données générales

  • Superficie : 1 284 000 km2
  • Population : 6 346 000 habitants (recensement d'avril 1993)
  • Capitale : N'Djaména
  • Monnaie : franc CFA
  • Langue officielle : français
  • pays limitrophes : Libye, Niger, Nigeria, Cameroun, République Centrafricaine, Soudan.

 

Le Tchad

Sur 192 pays, le Tchad est au 174ème rang pour l'espérance de vie, au 178ème pour la mortalité infantile, au 185ème pour le PNB par habitant, au 172ème pour l'apport journalier en calories, au 163ème pour l'alphabétisation, au 161ème pour le taux de scolarisation (source : Atlas Encyclopédique Mondial, Nathan Ed., Paris 1996, pp.562-563).

Sur le plan climatologique, le pays est séparé en trois grandes bandes : désertique au nord, sahélienne au centre, soudanienne au sud.

 

Les trois zones géo-climatiques du Tchad (I. Donan-Gouni, comm. pers.)

Sur le plan climatologique, on dispose des relevés pluviométriques de l'aéroport de N'Djaména pour la période 1972-1993 (tableau).

Pluviométrie moyenne (en mm) enregistrée à N'Djamena de 1972 à 1993

Mois
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
Pluviométrie
0
0
0,1
5,5
26,8
42,2
143,9
166,5
76,2
18,8
0
0,3

(source : http://www.multimania.com/volontariat/bases/ndjpluv.htm)

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Les faciès épidémiologiques

Le Tchad est également divisé en trois zones sur le plan de l'épidémiologie du paludisme :

  • le nord est indemne de paludisme ;
  • à la zone sahélienne correspond un paludisme intermédiaire sahélien selon la classification de Mouchet et Coll. : la transmission est à recrudescence saisonnière courte(inférieure à 6 mois), avec 2 à 20 piqûres infectées par homme et par an. En saison de transmission, près de 70 % des fièvres sont d'origine palustre. La prémunition est beaucoup plus longue à apparaître, expliquant les nombreux cas de neuropaludisme chez l'adulte.
  • à la zone soudanienne correspond un paludisme stable troipical : La transmission est à recrudescence saisonnière longue (6 à 8 mois), avec 100 à 400 piqûres infectées par homme et par an. La prémunition apparaît plus tardivement, vers l'âge de 10 ans. La morbidité est plus importante en saison des pluies (environ 80 % des cas de fièvre chez l'enfant)(J. Mouchet et Coll., Santé 1993 ; 3 : 220-238).

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les vecteurs

Jacques Brunhes et Coll.(Les anophèles de la région afro-tropicale, logiciel ORSTOM Ed., 1998) recensent 13 espèces anophéliennes différentes dans le pays : Anopheles arabiensis, Anopheles cinereus cinereus, Anopheles coustani, Anopheles dhtali, Anopheles funestus, Anopheles nili, Anopheles pharoensis, Anopheles rhodesiensis ripicolus, Anopheles rufipes broussesi, Anopheles rufipes rufipes, Anopheles squamosus, Anopheles wellcomei wellcomei et Anopheles ziemanni.

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Les chimiorésistances

Peu d'études ont été publiées sur le sujet. Selon M. Desfontaine, aucune résistance n'a été signalée avant 1988 (Desfontaine). On ne trouve en fait trace d'une enquête de chimiosensibilité qu'en juin 1990 à Moundou : 28 enfants ont été testés in vivo, aucune résistance de type RII/RIII n'a été mise en évidence (Traore). En décembre 1994, une deuxième étude in vivo, portant sur 72 enfants, confirme l'absence de résistance de type RII/RIII (Renaudin). En 1999, V. Richard et Coll. parlent d'une augmentation des résistances pour atteindre des taux de 5 % à 10 %, mais ils ne citent pas leurs sources (Richard).

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La lutte contre le paludisme

Il existe au Tchad un PNLP (Programme National de Lutte contre le Paludisme). Il est dirigé par le Dr Issa Donan-Gouni qui y est affecté à temps plein et qui bénéficie de l'aide de 9 personnes. Ses coordonnées : Programme National de Lutte Antipaludique, Ministère de la Santé Publique, BP 750, N'Djaména, Tchad. (tél : 00 235 52 29 41).

Les réalisations du PNLP tiennent en 7 points (I. Donan-Gouni, comm. pers.) :

  • Formations à la prise en charge des cas ;
  • Supervision des activités de lutte ;
  • Recherche opérationnelle ;
  • Surveillance épidémiologique ;
  • Imprégnation des moustiquaires ;
  • I.E.C. ;
  • Formations aux techniques d'imprégnation des moustiquaires.

En 1997, le Tchad a été sélectionné par l'Organisation Mondiale de la Santé pour "la mise en oeuvre accélérée d'activités de lutte contre le paludisme" : ce programme concernait 518 158 habitants de 24 des 48 districts que compte le pays (Kassankogno). Les résultats n'ont pas été publiés.

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Les recherches

Il n'y a semble-t-il pas de recherches sur le paludisme développées en ce moment au Tchad.

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Conseil aux voyageurs

Le Bulletin epidémiologique hebdomadaire (B.E.H.) n°23/99 précise que le Tchad entre dans le groupe 1I qui caractérise les zones où la résistance à la chloroquine reste modérée. Une prophylaxie par l'association chloroquine + proguanil semble donc adaptée.

En fait, cette chimioprophylaxie ne semble nécessaire que de mai à septembre dans les zones du pays impaludées. Nous pensons qu'il faut tenir compte des conditions du voyage : saison sèche ou humide, séjour en ville ou en milieu rural, en hôtel ou en habitat traditionnel, etc. Le plus souvent, de simples mesures de protection individuelle contre les piqûres de moustiques semblent très largement suffisantes.

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les références bibliographiques (seul le premier auteur est indiqué)

- MERLIN M. et Coll. - Etude épidémiologique du paludisme, en saison sèche, dans la ville de N'Djaména (République du Tchad). Bull. liais. doc. OCEAC 1987 ; n°79 : 9-18.

- DOUMDE et Coll. - Evaluation des pratiques et des coûts de lutte antivectorielle à l'échelon familial en Afrique Centrale. VI. Ville de Bongor (Mayo-Kebbi, Tchad). Bull. liais. doc. OCEAC 1990 ; n°94 : 35.

- DESFONTAINE M. - Chimiorésistance de Plasmodium falciparum aux amino-4-quinoléines en Afrique Centrale. Nouvelles perspectives de lutte. Bull. liais. doc. OCEAC 1990 ; n°spécial : 1-64.

- SHEPARD D.S. et Coll. - The economic cost of malaria in Africa. Trop. Med. Parasitol. 1991 ; 42 : 199-203.

- TRAORE O. et Coll. - Evaluation in vivo de la chimiosensibilité de Plasmodium falciparum à la chloroquine dans la région de Moundou. Bull. liais. doc. OCEAC 1992 ; n°101 : 26-27.

- ALI FADEL A.M.Z. - Déclaration de la politique nationale du Tchad de lutte contre le paludisme. Bull. liais. doc. OCEAC 1994 ; 27 : 130-132.

- DONAN-GOUNI I. et Coll. - Enquêtes C.A.P.paludisme dans un quartier périphérique de N'Djaména et dans un village des environs. Bull. liais. doc. OCEAC 1994 ; 27 : 133-134.

- RENAUDIN P. et Coll. - L'anémie de l'enfant de moins de un an à Moundou, Tchad : prévalence et étiologies. Med. Trop. 1994 ; 54 : 337-342.

- RENAUDIN P. et Coll. - Evaluation in vivo de la chimiosensibilité de Plasmodium falciparum à la chloroquine à Moundou (Tchad). Med. Trop. 1995 ; 55 : 286.

- KASSANKOGNO Y. - Aperçu sur le programme de lutte contre le paludisme africain pour la période 1996-1997. Malaria and Infectious Diseases in Africa 1999 ; n°9bis : 52-61.

- RICHARD V. et Coll. - Tchad : résultats mitigés d'une stratégie fixe. Med. Trop. 1999 ; 59 : 333-338.

- STENGER S. - Comportements et attitudes pratiques des expatriés vis-à-vis du paludisme dans six pays d'Afrique. Mémoire D.U. médecine et santé publique tropicales, Université Aix-Marseille, 2000, 30 pages.

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