Guinée

 

réalisation

Dr Francis LOUIS, IMTSSA, Marseille

Dr Fatoumata CAMARA, Conakry, Guinée

 

assistance technique

cartographie : Françoise PAYAN

bibliographie : Odile SOSSAT

 

dernière mise à jour

10 janvier 2001

 

correspondance

Francis Louis


sommaire

 

données générales

les faciès épidémiologiques

les vecteurs

les chimiorésistances

la lutte antivectorielle

le programme national de lutte contre le paludisme

les instituts de recherche

les conseils aux voyageurs

les références bibliographiques

 




 

données générales

Superficie : 245 857 km2

Population : 7 164 893 habitants.

Capitale : Conakry

Monnaie : franc guinéen

Langue officielle : français

Pays limitrophes : Guinée-Bissau, Sénégal, Mali, Côte d'Ivoire, Liberia et Sierra Leone.

  

Figure 1 - La Guinée

Sur 192 pays, la Guinée est au 186ème rang pour l'espérance de vie, au 186ème pour la mortalité infantile, au 150ème pour le PNB par habitant, au 126ème pour l'apport journalier en calories, au 179ème pour l'alphabétisation, au 166ème pour le taux de scolarisation (source : Atlas Encyclopédique Mondial, Nathan Ed., Paris 1996, pp.562-563).

A Conakry, les températures varient peu, de 22°C en juillet-août à 32°C de mars à mai. En revanche, la pluviométyrie est très constrastée, avec une saison sèche de décembre à avril et une saisson des pluies de mai à novembre, les mois les plus pluvieux étant ceux de juillet où la pluviométrie moyenne est de 1 300 mm et d'août où elle est de 1 000 mm.

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les faciès épidémiologiques

Le paludisme en Guinée, essentiellement dû à Plasmodium falciparum, est de type stable tropical, ce qui signifie que la transmission est à recrudescence saisonnière longue (6 à 8 mois), avec 100 à 400 piqûres infectées par homme et par an. La prémunition apparaît vers l'âge de 10 ans.La morbidité est plus importante en saison des pluies (environ 80 % des cas de fièvre chez l'enfant). Les formes gravec de paludisme sont décrites jusqu'à un âge plus avancé que dans le faciès équatorial.

Dans ce contexte, on décrit des zones hypo-, méso-, hyper- et holoendémiques, selon des critères paludométriques bien définis par Marc Gentilini chez des enfants âgés de 2 à 9 ans (Médecine Tropicale, Flammarion Ed., Paris 1993, pp 96-97) :

Critère

(p. 100)

Hypoendémie

Mésoendémie

Hyperendémie

Holoendémie

indice splénique
0-10
11-50
51-75
> 75
indice plasmodique
< 25
25-50
50-75
> 75
indice sporozoïtique
1-5

 

Figure 2 - Les différents faciès épidémiologiques du paludisme en Guinée

(source : F. CAMARA)

H. JONCHERE et R. PFISTER avaient déjà utilisé cette classification en 1951 (1) et avaient noté que "la Guinée est le territoire où l'endémicité est la plus forte".

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les vecteurs

1. H. JONCHERE et R. PFISTER ont identifié Anopheles gambiae dans 60,8 % des cas, puis Anopheles funestus (36 %), Anopheles rufipes (1,6 %), Anopheles nili (1,15 %), Anopheles pharoensis (0,2 %), Anopheles domicolus (0,15 %) et Anopheles pretoriensis (0,14 %) (1).

2. Selon F. CAMARA, les différents vecteurs du paludisme connus en Guinée sont Anopheles gambiae s.s., Anopheles arabiensis, Anopheles funestus et Anopheles melas (carte).

Figure 3 - Les anophèles isolés en Guinée (source : F. CAMARA)

3. Jacques Brunhes et Coll.(Les anophèles de la région afro-tropicale, logiciel ORSTOM Ed., 1998) recensent 34 espèces anophéliennes différentes dans le pays, d'intérêt très variable en paludologie : Anopheles barberellus, Anopheles brohieri, Anopheles brunnipes, Anopheles cinctus, Anopheles coustani, Anopheles demeilloni, Anopheles domicola, Anopheles flavicosta, Anopheles freetownensis, Anopheles funestus, Anopheles gambiae, Anopheles hancocki, Anopheles hargreavesi, Anopheles implexus, Anopheles leesoni, Anopheles maculipalpis, Anopheles maliensis, Anopheles marshallii, Anopheles melas, Anopheles moucheti moucheti, Anopheles nili, Anopheles obscurus, Anopheles pharoensis, Anopheles pretoriensis, Anopheles rageani, Anopheles rhodesiensis rhodesiensis, Anopheles rivulorum, Anopheles rufipes rufipes, Anopheles sergentii macmahoni, Anopheles smithii, Anopheles somalicus, Anopheles squamosus, Anopheles wellcomei wellcomei et Anopheles ziemanni.

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les chimiorésistances

Une étude in vivo conduite en 1997 a montré un taux de chloroquinorésistance de 10,9 % à Guéckédou et de 9 % à Forécariah (G et F sur la figure 2). Aucune autre étude n'a été publiée.

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la lutte antivectorielle

Des actions de lutte antivectorielle sont entreprises par le PNLP. Elles se limitent en pratique à la promotion des moustiquaires imprégnées d'insecticide rémanent.

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le programme national de lutte contre le paludisme

Le PNLP est dirigé par Mme Fatoumata CAMARA qui y est employée à plein temps. Mme CAMARA dispose d'un budget annuel de 275 000 dollars US (en provenance de l'OMS) et a une équipe de 19 personnes.

Les coordonnées du PNLP sont : Programme National de Lutte contre el Paludisme, Direction de la Prévention, Ministère de la Santé, BP 5514 Conakry, République de Guinée (tél : + 224 11 21 30 97).

Les principales réalisations du PNLP sont :

  • la formation de formateurs sur les stratégies de lutte (1993)
  • l'élaboration d'un document de politique nationale de lutte (1993)
  • l'organisation d'un séminaire-atelier sur les indicateurs du paludisme (1995)
  • l'organisation d'un séminaire-atelier sur l'IEC dans le paludisme (1996)
  • la formation de formateurs à la prise en charge du paludisme grave (1997)
  • le recyclage de 30 techniciens de laboratoire (1997)
  • la formation de 150 agents de santé aux techniques d'imprégnation des moustiquaires (1997).
  • l'élaboration d'une stratégie de vulgarisation des moustiquaires et matériaux imprégnés d'insecticide (1997).

Depuis 1997 également, la Guinée fait partie des 21 pays sélectionnés par l'OMS pour la mise en oeuvre accélérée d'activités de lutte contre le paludisme. Les résultats de cette action ne sont pas encore disponibles (6).

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les instituts de recherche

Seul le PNLP travaille sur le paludisme. Les recherches portent essentiellement sur l'étude de l'efficacité des antipaludiques.

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les conseils aux voyageurs

Selon le Bulletin epidémiologique hebdomadaire n°23 de 1999, la Guinée est dans le groupe 2 des chloroquinorésistances, ce qui implique que les voyageurs s'y rendant soient mis sous association chloroquine + proguanil.

On n'oubliera pas d'y associer les mesures individuelles de protection contre les piqûres d'insectes.

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les références bibliographiques (seul le premier auteur est indiqué)

1. JONCHERE H. - Enquêtes malariologiques en Haute-Volta, Côte d'Ivoire et Guinée (janvier-mars 1951). Bull. Soc. Pathol. Exot. 1951 ; 44 : 774-786.

2. DABIS F. - Monitoring selective components of primary health care : methodology and community assessment of vaccination, diarrhoea, and malaria practices in Conakry, Guinea. Bull. OMS 1989 , 67 : 675-684.

3. PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME - Stratégie de vulgarisation des moustiquaires et matériaux imprégnés d'insecticide. Doc. dactylographié 1997, 19 pages.

4. SYLLA A. - Impaludation du nourrisson dans une zone rurale de Guinée maritime (Guinée Conakry). I. Statuts immunitaire et parasitaire de la mère et du nouveau-né. Bull. Soc. Pathol. Exot. 1998 ; 91 : 287-290.

5. DIALLO P. - Impaludation du nourrisson dans une zone rurale de Guinée maritime (Guinée Conakry). I. Evolution des anticorps antipaludéens et impaludation au cours de la première année de vie. Bull. Soc. Pathol. Exot. 1998 ; 91 : 291-296.

6. KASSANKOGNO Y. - Aperçu sur le programme de lutte contre le paludisme africain pour la période 1996-1997. Malaria and Infectious Diseases in Africa 1999 ; n°9bis : 55-61.

 

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